Comment se porte le Kongo Central, éditorial signé Clinton BAMANA analyste politique.

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Depuis une décennie déjà, le Kongo-Central vacille, rampe et voire patauge du point de vue socio-économique et politique. Si la situation actuelle de la province du Kongo-Central est à mon sens, la conséquence logique des mauvaises décisions politiques et de l’attitude dominatrice de Kinshasa d’une part, il importe de souligner d’autre part que le déficit d’un leadership politique clairvoyant, visionnaire, travailleur, solidaire et imposant dans l’étoffe politique nationale de l’élite Kongo en a favorisé l’hémiplégie sociale.

Alors qu’à une certaine époque, le Kongo-Central fut le fleuron de l’activité économique du pays à travers son industrie agro-pastorale (SCAM, ELBEMA etc…) et son activité portuaire très florissante qui faisaient vivre les populations de ce coin, il a suffit aux décideurs politiques confortablement assis dans leurs bureaux huppés de Kinshasa à anéantir le Kongo-Central  avec de décisions qui ont mis à genou cette province stratégique et pourvoyeuse de la capitale Kinshasa. Les décisions politiques économicides contre le Kongo-Central, remontent à la création de L’OGEFREM qui fut un service (fret) au sein de la SCTP ex ONATRA. La SCTP, entreprise qui nourrissait le 3/4 des ménages des familles du  Kongo-Central s’est vue ravir son bifteck à la bouche notamment le fret des minerais de la GECAMINES qui devait dorénavant prendre la direction de KASUMBALESA par de véhicules privés à destination du port de MOMBASA et s’envoler vers l’étranger au dépens de la douane congolaise. Comme si cela ne suffisait pas, Augustin MATATA PONYO, Premier Ministre en son temps, achèvera le Kongo-Central par l’interdiction des véhicules vieux de plus de dix ans dont les répercussions socio-économiques sont jusqu’à ce jour d’une cruauté acerbe dans la vie sociale des populations de cette province. Face à pareilles difficultés structurelles de la SCTP, la réponse efficace pour pallier à ce marasme économique dû à l’arrêt de l’activité portuaire était d’espérer à un leadership politique visionnaire et travailleur à la tête de la province à travers une gouvernance de qualité des ressources financières locales.

Force est de constater malheureusement qu’en dépit de l’absence d’une vision claire de développement, les acteurs politiques ont beaucoup plus œuvré dans de guerres intestines de positionnement égoïste à cause desquelles l’instabilité politique est devenue l’environnement propice au pillage des ressources devant servir à l’épanouissement collectif alors que la population croupit dans une misère sans précédent et a servi à la promotion de l’incompétence et de la médiocrité dans la gouvernance de la province.

Le Kongo-Central est chaque jour qui passe, agonisant puisque les querelles, la division, la haine et l’égoïsme ont pris le dessus sur la capacité des uns et des autres à coaliser les forces pour parvenir à construire une province unie et prospère d’une part et à bâtir d’autre part un leadership politique national imposant pour servir d’abri contre les assauts et convoitises politiques.

C’est pourquoi, je pense clairement que le mal du Kongo-Central étant profond, son remède est fonction de la mobilisation et de l’engagement de toutes ses filles et de tous ses fils pour sortir cette province riche de son bourbier.

Clinton Bamana,
Juriste, Chercheur en Droit des hydrocarbures, mines et environnement et Analyste Politique.


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