Une lettre ouverte adressée au Gouverneur de la Banque Centrale du Congo fait sensation dans les réseaux sociaux.
C’est une lettre avec beaucoup de révélations qui a été adressée à André Wameso. Les signataires qui se réclament être des notables de l’ex District du Bas fleuve publient un réquisitoire très accablant contre l’actuel Gouverneur de la Banque Centrale du Congo au sujet de son rôle supposé dans la déstabilisation des institutions provinciales:
« Après avoir porté, sans succès, un projet de contrôle total avec l’ancien Gouverneur Guy BANDU, il est regrettable de constater que l’échec n’a pas conduit à une opposition républicaine mais plutôt à une guerre de l’ombre« , assènent d’entrée les signataires et de poursuivre :
« Cette lettre est l’expression d’une urgence : les manoeuvres actuelles ont franchi les seuils de l’acceptable menaçant directement la cohésion sociale de notre Terroir« , peut on encore lire d’entrée annonçant ainsi une missive impitoyable contre l’élu de Songololo. La missive dont copie est réservée à plusieurs institutions dont la présidence de la République met en lumière plusieurs zones d’ombre qui entourent la situation politique de l’heure dans la province de Simon KIMBANGU.
DE LA CORRUPTION PARLEMENTAIRE: UN AFFRONT À LA DÉMOCRATIE
La lettre ouverte revient sur un aspect essentiel au point IV: la corruption parlementaire. Les signataires accusent le Gouverneur de la Banque Centrale d’avoir institutionnalisé la corruption au sein de l’Assemblée Provinciale du Kongo Central. Ils évoquent un fait grave et documenté: « Nous dénonçons avec la dernière énergie le versement systématique d’une prime de déstabilisation mensuelle de 1000$ par député (G22). Cet achat de conscience n’est pas un acte de générosité, c’est un crime contre la démocratie« , avancent t-ils.
L’INSTRUMENTALISATION DU RAPPORT DE L’IGF
Les rédacteurs de la lettre ouverte adressée à André Wameso abordent au point VIII l’instrumentalisation du rapport de l’IGF par l’actuel Gouverneur de la Banque. Ils racontent une histoire assez cocasse :
« Dès le mois de novembre, vous avez orchestré au domicile de …..une rencontre réunissant des notables Kongo vivant à Kinshasa. À ce conclave fût invité son excellence Didier BUDIMBU, Autorité morale de l’AVC, le parti dont est issu le Gouverneur Grâce BILOLO. Au cours de ces échanges, vous avez instamment enjoint à son excellence Didier BUDIMBU d’exiger la démission du Gouverneur Grâce BILOLO, arguant de la détention d’un rapport prétendument accablant à son encontre par l’inspection Générale des Finances (IGF)« , écrivent-ils.
Et aux signataires de s’interroger :
« Par quel privilège exhorbitant un Gouverneur de la Banque Centrale peut-il s’approprier un rapport de l’IGF avant même que la Présidence de la République, le Gouvernement ou le Parlement n’en aient reçu communication officielle »
DE LA MISE SOUS TUTELLE LOGISTIQUE ET POLITIQUE DES ÉLUS.
Les rédacteurs de la lettre ouverte contre André WAMESO pointent du doigt un autre fait accablant au delà de la corruption financière: la mise sous tutelle des élus provinciaux. Ils accusent le Gouverneur de la Banque Centrale d’avoir transformé certains établissements, l’hôtel de l’honorable Khumbi à Kinshasa et celui FORMOZA à Matadi, en base de conditionnement, portant ainsi atteinte à l’indépendance de la fonction parlementaire.
En fin de compte, les rédacteurs de la lettre ouverte lancent un ultime avertissement au Gouverneur de la Banque Centrale et exigent entre autres : l’arrêt immédiat de l’ingérence financière dans les affaires de la Province, la fin du chantage morale exercé sur les aînés, le respect absolu de la souveraineté des institutions provinciales. Seront-ils entendu ?
La rédaction.
