Clash : Le Direcab du gouverneur répond au vice gouverneur Grâce Bilolo et menace d’aller en justice. 

0
Aidez-nous à partager cet article

 

La tension règne toujours au kongo Central à la veille de l’élection des gouverneurs où Grâce Bilolo et Guy Bandu devraient s’affronter dans un duel épique. Alors que le gouverneur est toujours retenu au ministère de l’intérieur à Kinshasa, Cédric Dionso, son directeur de cabinet, avait signifiait au vice Gouverneur que l’intérim était confié au ministre des finances.

 

Une décision contestée par Grâce Bilolo, le vice Gouverneur, dans une correspondance adressée à Maître Cédric Dionso. Ce dernier a ténu à expliquer les motivations de la décision du gouverneur d’accorder l’intérim au ministre des finances alors que le vice Gouverneur est présent à Matadi.

 

Sur la forme, Cédric Dionso rappelle d’entrée au vice gouverneur que la décision de confier l’intérim au ministre des finances ne vient pas de lui:

 

« En prélude, je vous précise que je ne suis pas l’auteur de la décision de confier l’intérim à Son Excellence Monsieur le Ministre du Budget et des Finances. Si cette décision ne vous convient pas, il vous est loisible de vous adresser directement à Son Excellence Monsieur le Gouverneur afin de connaître ses motivations quant à ce », écrit-il.

 

Le directeur de cabinet du gouverneur s’appuie sur l’article 22 de l’Arrêté portant organisation et fonctionnement du gouvernement provincial pour justifier la décision du gouverneur. Cet Arrêté dispose comme suit : « Les membres de Cabinet du Gouverneur de Province qui ont un intérêt personnel dans une affaire soumise au cabinet doivent s’abstenir de traiter ou de prendre part aux délibérations y relatives. Ils sont tenus d’en faire part au Gouverneur de Province».

 

Pour Cédric Dionso, le Gouverneur de Province, en sa qualité de Chef de l’Exécutif provincial, peut parfaitement décider de confier expressément l’intérim au Ministre préséant, dès lors qu’il constate souverainement une situation d’empêchement en ce qui concerne son vice gouverneur.

 

D’après le directeur de cabinet du gouverneur, pour avoir été désigné Secrétaire du Bureau provisoire de l’Assemblée provincial, Grâce Bilolo est désormais dans une situation d’empêchement et ne peut plus engager le gouvernement provincial au risque d’être juge et partie : « Vous ne pouvez pas cumuler les fonctions de Premier Secrétaire du Bureau provisoire et de Vice-Gouverneur dès lors que le conflit d’intérêt est évident », estime-t-il.

 

Le directeur de cabinet du gouverneur ne se prive pas une dernière leçon au vice gouverneur :

« La Cour constitutionnelle vient tout récemment de rappeler dans un arrêt du 8 février dernier le caractère strict de l’incompatibilité des fonctions politiques avec le mandat de député (national ou provincial) visant à éviter la confusion des rôles, les dédoublements de paiements aux dépens du trésor public, la prévention des conflits d’intérêts et le maintien de l’équilibre des pouvoirs, énoncés dans la Constitution et d’autres lois de la République. En tant que Chef de l’administration du Cabinet du Gouverneur de Province, je veillerai au respect des principes édictés ci-haut. A cet effet, je réserve une copie de la présente au Premier Président de la Cour Constitutionnelle pour sa parfaite information. Le principe administratif exige que les instructions de service soient signifiées par écrit, tel n’est le cas en l’espèce. En effet, comme vous l’écrivez vous-même, je vous ai informé et non instruit. A ce que je sache, rien n’interdit de communiquer une information par WhatsApp au sein d’une administration. Par conséquent, personne n’a constaté la fin du mandat du Gouverneur ni du vôtre. Vos considérations formulées concernant la validité de l’Ordonnance d’investiture nr 22/050 du 9 juin 2022 sont dès lors totalement impertinentes ».

 

Par ailleurs, le directeur de cabinet du gouverneur menace Grâce Bilolo des poursuites judiciaires s’il ne se conforme pas : « Compte tenu de ce qui procède, je vous recommande vivement de revenir à la raison et de vous conformer aux principes régissant le fonctionnement de l’administration au risque de vous exposer à des poursuites judiciaires pour délit d’initié voire détournement de biens de l’Etat ».

 

En conclusion, Cédric Dionso s’insurge contre les allégations du vice Gouverneur concernant une prétendue velléité de compromission administrative, politique d’une part et des intérêts financiers occultes d’autre part et menace à nouveau d’aller en justice: « Je me réserve le droit de porter plainte en justice face à ce que je considère comme une diffamation à l’égard de ma personne dans le but de saper ma moralité, ma probité ainsi que mon honorabilité », avertit il.

 

Martin SOLO

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×