De MATADI à Kinshasa : récit du calvaire des voyageurs sur la nationale N1.

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Le tronçon Matadi – Kinshasa est désormais comparable au chemin de la Croix qui rappelle aux chrétiens catholiques les souffrances endurées par Jésus Christ lors de sa montée vers Golgotha, son lieu de supplice!

 

Même sans porter une croix, les voyageurs qui osent emprunter cette route passent des heures, voire des jours et ce, affirmons-le, sous la hantise permanente des inciviques, avant d’atteindre la capitale congolaise, Kinshasa.

 

Tout commence au pont maréchal pour ceux qui proviennent du Bas fleuve. La traversée de la ville de Matadi prend au minimum 2H30′. Pour cause: De longues files d’attente des véhicules poids lourd empêchant de rouler ne serait-ce qu’à 40 à l’heure! Que dis- je? Moins que ça ! Et le sommet de ce calvaire dans la ville-chef-lieu du Kongo Central est sans appel « Mvuadu », le presque Far west. Tout chauffeur déteste de traverser cet endroit après 7H.

 

MVUADU est un marché parallèle, informel étonnamment construit le long de la route. Depuis plusieurs années, de nombreuses personnes ont sollicité sa délocalisation, en vain! À cet endroit, tout marche dans le sens contraire sans aucune intervention de la police. Entre parking des véhicules et les vendeurs ambulants, le désordre est au zénith.

 

Réussir à en sortir ne vous met nullement à l’abri car le calvaire continue sur la longue route de la nationale numéro un. À MPOZO c’est un autre point chaud. De nombreux véhicules remorques sont entassés les uns dernière les autres sans aucun respect, laissant ainsi une seule bande aux autres passagers de deux sens qui sont obligés de passer à tour de rôle. Une procession qui peut vous prendre plusieurs heures en cas de mal chance.

 

Après MPOZO c’est au niveau du péage où les choses vont aussi parfois mal, surtout lorsque les véhicules poids lourds sont nombreux. Si vous avez réussi à franchir ce cap, il ne sert à rien de pousser un petit ouf de soulagement.

 

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Tout au long de la route, de longues heures sont consommées à pas d’athlètes dans les tronçons où des travaux de réhabilitation de la chaussée sont en cours d’exécution, comme à quelque cinq kilomètres de Mbanza Ngungu, Juste après Kolo fuma. Arrivé à ce nouvel endroit, le monstrueux scénario de files interminables reprend avec force.

 

Pour estimer la durée maximale qu’on y passe, il suffit de jeter un coup d’oeil sur la montée vertigineuse en rentabilité du nouveau marché de fortune y installé récemment.

 

Ce calvaire est beaucoup plus peinant si un accident de circulation venait s’y ajouter par malheur. De fait, il est triste de constater que, contre toute attente technique, les chinois qui sont responsables de la route depuis plusieurs années n’ont pas prévu des moyens de secours bien que cette disposition soit clairement indiquée dans le contrat de concession.

 

Au péage de Kasangulu, c’est l’autre enfer ! Tout est difficile là bas. Un tas de véhicules remorques qui attendent l’heure de pointe pour entrer à Kinshasa. Difficile de se frayer un chemin. Que ça soit le matin, à 5H ou le soir à partir 18H, le péage de Kasangulu est toujours débordé. Si vous réussissez à franchir la barrière, sachez que vous n’êtes pas toujours à l’abri.

 

Le tronçon s’ouvrant par Mitendi constitue l’ultime étape du chemin de croix débutée à la porte de Matadi. La décision du nouveau commissaire provincial de la police interdisant l’entrée des véhicules poids lourd à Kinshasa avant 21 heures n’aura été respectée que pendant deux semaines. De longues files d’attente créent des embouteillages monstres à partir de MATADI Kibala jusqu’au niveau du rond point Ngaba perturbant ainsi toute la circulation dans la capitale congolaise.

 

Comme on le voit, le voyage sur la nationale N1 entre Kinshasa-Matadi n’est plus du tout aisé. D’où La nécessité d’adopter un mode de transport multimodal qui permettrait tant soit peu à désengorger la nationale numéro un et la ville province de Kinshasa.

 

Martin SOLO

 

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