Est il toujours bon d’être député Provincial ? Tout comprendre sur le calvaire des députés Provinciaux.

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Les élections législatives s’approchent à grand pas et cette question que d’aucuns se posent : « Est il toujours nécessaire d’être député Provincial » ? La question vaut son pesant d’or suite notamment à la souffrance que traverse les élus provinciaux. C’est depuis près de 13 mois qu’ils sont impayés sur toute l’étendue de la République. Dans certaines provinces comme le Kongo Central, les députés provinciaux s’en sortent un peu grace à l’appui budgétaire qu’offre l’exécutif provincial à l’assemblée provinciale.

 

Conséquence, faute des moyens, les élus provinciaux se font rares dans leurs bases , certains n’y vont presque plus. « Dans notre pays, un député provincial répond à plusieurs responsabilités dans son territoire d’origine, maintenant qu’ils sont impayés, c’est logique qu’ils se fassent rares car ils n’ont pas de quoi offrir à la base« . Au total la RDC compte près de 780 députés provinciaux, une base solide sur laquelle peut compter le Président de la République pour sa campagne électorale.

 

Interrogé, un député provincial qui n’a pas voulu qu’on cite son nom s’est exprimé en ce sens: « Une révélation dit que la rubrique salaire des députés provinciaux n’existe pas dans la ligne budgétaire nationale sauf les frais de fonctionnement qui sont assimilés aux salaires. Et comme les frais de fonctionnement ont été supprimés à cause de la guerre, les députés provinciaux restent impayés et par conséquent nous avons déserté la base car on a rien à offrir » regrette t’il presque au bord des larmes. »Pendant les vacances parlementaires, on s’enferme dans les maisons » ajoute t’il.

 

Un autre député est allé un peu plus loin : »Nous avons des familles à nourrir et on a quitté nos bases pour le chef lieu à Matadi, nous devons payer des loyers aussi et même des gardes du corps. Avec 2 millions ou trois millions mensuel, c’est difficile de s’en sortir. La province fait déjà son maximum, elle fait ce qu’elle doit faire mais c’est à Kinshasa que les choses ne bougent pas« . En janvier plusieurs élus provinciaux avaient assiégé la primature pour réclamer le paiement de leur salaire.

 

À quelques mois des nouvelles élections, les députés provinciaux ne savent pas sur quel pied danser. « Et dans ces conditions d’impaiement au niveau national, toute la pression revient sur l’exécutif Provincial et qui se retrouve à son tour limité financièrement. Voilà pourquoi lors des différents processus liés au vote, ces élus provinciaux montent les enchères, ils se sentent abandonnés par Kinshasa » analyse maître Girens Makondo. Avec le calvaire actuel, plusieurs députés provinciaux pensent qu’il serait préférable prochainement de postuler au niveau national.

 

Martin SOLO

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